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Les patients ne sont pas des marchandises Posté par Céline GAGNEPAIN, le Jeudi 20 Octobre 2016 Communiqué de presse du 19/10/2016 commun à :
LES PATIENTS NE SONT PAS DES MARCHANDISES
La Commission des Affaires Sociales vient daccepter un amendement au PLFSS prévoyant que dans les zones où «est constaté un fort excédent en matière doffre de soins, le conventionnement à lassurance maladie dun médecin libéral ne peut intervenir quen concomitance avec la cessation dactivité libérale dun médecin exerçant dans la même zone.»
LISNAR-IMG, lISNI, lANEMF, le SNJMG, lISNCCA, ReAGJIR représentant les étudiants en médecine et jeunes médecins français dénoncent une mesure inefficace et dangereuse transformant les patients en marchandise.
Une mesure inefficace
Les zones avec un fort excédent en matière doffre de soins ne sont pas définissables. Aucun indicateur ne prend en compte des paramètres comme la surspécialisation des professionnels de santé par exemple. Les zones trop denses médicalement se comptent sur les doigts de la main.
Aucune restriction ou contrainte à linstallation ne permettra jamais de mettre un médecin dans chaque bassin de population. La raison est simple : nous ne sommes pas assez nombreux pour combler à nous seuls le manque de médecins et les départs à la retraite de nos aînés. Il y a trop de zones médicalement fragiles. Comparativement, les zones à fort excédent sont un épiphénomène.
Une mesure dangereuse pour les patients
Cette porte ouverte au déconventionnement doit alerter les patients. Le manque criant de médecins et la surspécialisation de certains rend linstallation non conventionnée parfaitement viable pour les médecins. Mais qui paiera ? Le conventionnement est le garant dun système de solidarité nationale face aux risques en santé. Les jeunes médecins refusent de voir cette solidarité cassée au profit dun système assurantiel individuel.
Conditionner linstallation dans certaines zones au départ dun confrère constitue un retour en arrière inacceptable dans la relation de soins. Les patientèles ne doivent pas constituer un capital retraite pour les médecins. Nos patients méritent mieux que ça.
Cette mesure ouvre la boite de Pandore de la limitation dinstallation. Rappelons que le taux dabandon des études médecine na jamais été aussi haut. Toute mesure limitant lattrait de la filière ou obscurcissant les conditions dinstallation ne fera quaggraver le manque cruel de médecins. Aujourdhui un quart des lauréats du concours de première année ne sinstalleront jamais. Combien seront-ils demain ?
Les structures représentatives des jeunes médecins multiplient les initiatives pour favoriser linstallation dans les zones déficitaires, notamment en travaillant avec les pouvoirs publics. Nous sommes conscients de nos responsabilités dans laccès aux soins et travaillons au quotidien à la recherche de solutions innovantes. Nous refuserons des mesurettes électoralistes et démagogiques ayant pour seul effet de détruire le système de soins solidaire et efficace que nous voulons pour la société de demain.
Nous appelons le gouvernement et les députés à refuser cet amendement au PLFSS.
Pour lISNAR-IMG, Yves-Marie VINCENT, Président.
Pour lISNI, Baptiste BOUKEBOUS, Président.
Pour lANEMF, Antoine OUDIN, Président.
Pour le SNJMG, Dr Émilie FRELAT, Présidente.
Pour lISNCCA, Dr Julien LENGLET, Président.
Pour ReAGJIR, Sophie AUGROS, Présidente.
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