Communiqué de presse
L'Avenir de la chirurgie Posté par Céline GAGNEPAIN, le Jeudi 15 Septembre 2005 LES PROPOSITIONS DU CONSEIL NATIONAL DE LA CHIRURGIE ET DE LACADÉMIE DE CHIRURGIE
NE RÉPONDENT PAS A LA CRISE DES VOCATIONS
Les conclusions présentées par le Conseil National de la Chirurgie et lAcadémie de Chirurgie ainsi que les propositions du Ministre de la Santé ne répondent pas à la crise de vocation qui touche la chirurgie.
Nombre de mesures proposées sont de nature à améliorer la qualité et lefficience des soins, dautres répondent en partie aux attentes des chirurgiens libéraux, certaines visent à moderniser lexercice de la profession.
Nous soutenons donc la plupart de ces propositions dont certaines dailleurs sont évoquées au gré des différents rapports sur la profession médicale depuis plusieurs années.
Mais nous avons le sentiment que la problématique de la vocation chirurgicale na pas été réellement prise en compte dans ces réflexions. Les jeunes étudiants, véritables cibles des mesures destinées à promouvoir la carrière chirurgicale, ne mesurent que très peu limpact de la baisse des primes dassurance ou du regroupement des plateaux techniques sur leur exercice futur. La chirurgie leur est présentée comme une spécialité pénible, stressante qui sexerce au détriment de leur qualité de vie. Ce discours aigri ne séduit guère les plus jeunes qui souffrent avant tout dun déficit dencadrement et denthousiasme au sein des services de chirurgie.
Les mesures incitant au choix de la carrière chirurgicale doivent concerner avant tout les étudiant en 2ème et 3ème cycle.
- Faire redécouvrir la chirurgie en ouvrant les portes du bloc opératoire aux étudiants dès les premières années détude.
- Rendre obligatoire la participation des étudiants de 2ème cycle à la vie du bloc opératoire avec une participation accrue et encadrée aux gestes techniques.
- Faire découvrir lexercice libéral par le biais de stages en cliniques privées.
- Valoriser lInternat de chirurgie en structurant et en évaluant lacquisition des compétences pour permettre une responsabilisation progressive, notamment par la mise en place dun carnet dapprentissage des techniques opératoires.
Ces mesures doivent saccompagner dune valorisation des praticiens engagés dans lenseignement et lencadrement des plus jeunes. Le temps dévolu à cet enseignement doit être identifié et reconnu pour que lenseignement au bloc ne soit pas vécu comme une contrainte. Les carrières universitaires à vocation pédagogique doivent être valorisées pour que les chirurgiens désireux de se consacrer à la recherche pédagogique, au sein des écoles de chirurgie proposées par le Ministre, puissent trouver là un épanouissement professionnel.
Ces mesures spécifiquement destinées à restaurer lattractivité de la carrière chirurgicale auprès des plus jeunes nont pas, jusqualors, été mises en avant. De ce fait, les conclusions des rapports sur lavenir de la chirurgie nous semblent plus tournées vers les praticiens en exercice que vers ceux qui devront assurer leur relève.
LInter Syndicat National des Chefs de Clinique Assistants souhaite que soit mieux prise en compte la dimension davenir de la problématique chirurgicale sous peine de ne pas répondre à la crise sévère que nous traversons aujourdhui. Les mesures évoquées hier sont un début, mais le Ministre doit pouvoir mieux faire.
Pour lISNCCA,
Docteur Stéphane LITRICO
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