NewsLetter
Préavis de grève mercredi 1er septembre Posté le Dimanche 29 Août 2004 Cher(e) s collègues
Après avoir négocié de longues heures jeudi et vendredi dernier avec le directeur de cabinet du ministre de la santé, nous étions arrivé à un accord qui prévoyait :
- de revoir la formation durant le 2è cycle et le 3è cycle des études médicales avec notamment une évaluation des services et des enseignants.
- de regrouper les plateaux techniques afin que les pools de garde ne soient plus constitués de 2 ou 3 médecins rendant rédhibitoire ces postes de PH (3000 postes de PH vacants).
- de revaloriser et réorganiser les gardes et astreintes.
Cela concerne toutes les spécialités. Un certain nombre de gardes se sont transformé en ½ garde - ½ astreinte voire en astreinte. Il persiste des astreintes de sécurité et des astreintes opérationnelles. Ces dispositifs peuvent saccumuler dans une même semaine rendant lexercice médical inintéressant, pénible. De plus les astreintes sont insuffisamment rémunérées.
- dinstaurer un contrat personnalisé justifié par la responsabilité, la pénibilité dactes sans délégation possible. Il correspondrait à 15% de salaire en plus après engagement du praticien à assurer une qualité et une activité suffisante.
Cette mesure immédiatement applicable aux spécialités chirurgicales serait ensuite étendue aux autres spécialités. Cest écrit noir sur blanc dans le relevé de conclusions que le ministère refuse de signer pour le momement.
Mais voilà, après un accord de principe, certains syndicats transversaux et verticaux sopposent à ce que ces mesures soient finalisées.
En clair, dans 6 mois auront lieu des élections professionnelles des PH et PUPH. Certains syndicats voient dun mauvais il ladoption de mesures non négociées par eux !
Dautres syndicats de certaines spécialités soffusquent que certaines de ces mesures soient dabord appliquées aux chirurgiens. Or nous savons que les modifications statutaires ont toujours été obtenues par une catégorie professionnelle puis étendue aux autres : la directive européenne pour les PH danesthésie puis pour tous les PH, le repos de sécurité
Le gouvernement fait semblant dhésiter entre les 2 avis. En fait il se rend compte quil a mis le doigt dans un engrenage qui va sérieusement revaloriser financièrement les CCA-AHU, les PH les PUPH suite au mouvement des chirurgiens libéraux quil na pu éviter quen leur concédant une enveloppe de 150 millions deuros.
A nous de rendre crédible nos demandes en instaurant un rapport de force suffisant pour faire céder le gouvernement.
LISNCCA sest positionné, avec dautres syndicats poly catégoriels, même sil sagit de mesures qui apparaissent orientées vers la chirurgie, dune part parce que nous représentons un certain nombre de chirurgiens, dautre part parce que certaines de ces mesures seront applicables demblée ou secondairement aux autres spécialités. Mais aussi parce que lISNCCA serait ainsi officiellement intégrée dans les négociations du statut de PH, MCUPH, PUPH à venir en septembre 2004.
Un appel à la grève pour mercredi 1er septembre a été déposé par les internes, lISNCCA et certains syndicats de PH et PUPH.
Nous ferons quelques actions symboliques mercredi pour faire connaître nos revendications aux médias.
Nous pourrons être amené à étendre les actions et à durcir le mouvement la semaine suivante.
Lopportunité de revaloriser les carrières hospitalières dans leur ensemble est grande et unique, sachons la saisir.
André nazac
président ISNCCA
Voici le communiqué de presse commun que nous publions cette nuit:
"ISNIH-ISNCCA-CMH-SNAM-SCH-UCCSF
Déclaration solennelle
Le 24 août 2004 le Ministre de la santé Ph Douste Blazy déclarait publiquement que la gravité de la crise de la chirurgie justifiait lurgence dun plan concernant la chirurgie publique et la chirurgie privée. Or après avoir signé un accord avec les seuls chirurgiens libéraux, lhôpital ne fait à ce jour lobjet daucune proposition officielle.
Pourtant alors que les raisons de la crise sont bien identifiées, chacun saccorde pour reconnaître que ce plan hospitalier est justifié par des impératifs de santé publique. Lhôpital se doit dêtre un lieu de pratiques dexcellence. Il est le centre de la formation de tous les futurs chirurgiens. Il assure la permanence chirurgicale et doit assurer laccès égal à la qualité des actes chirurgicaux.
Les mesures actuelles du Ministre limitées au secteur privé ne feront quaggraver la fuite des compétences et les ruptures déjà constatées.
Rassemblés dans « Chirurgie Hôpital France » les actuels et futurs chirurgiens hospitaliers ont présentés au Ministre 4 types de mesures :
- actions pour valoriser le métier de chirurgien au cours de la formation du 2ième et 3ème cycles des études médicales (intégration de nouvelles formes de validation des compétences, évaluation des services au sein du cursus de formation et conditions pour renouer avec la nécessité du compagnonnage indispensable à lacquisition des compétences)
- actions sur la réorganisation et léquipement des plateaux techniques et des blocs opératoires. Il sagit notamment de disposer déquipes opératoires de tailles suffisantes dans une nouvelle organisation territoriale.
Ces propositions pourtant formulées par « Chirurgie Hôpital France » ont servi de légitimité au volet libéral des propositions du Ministre
- action sur la reconnaissance de la permanence des soins. Car de nombreuses gardes notamment dinternes et de chirurgiens ont été transformées en astreintes nimposant pas la réalisation dun repos de sécurité et ne justifiant pas le paiement de plages additionnelles. La négociation sur les gardes et astreintes doit souvrir dans les meilleurs délais.
- enfin les chirurgiens disposent dun statut de Praticien Hospitalier unique. Ce socle commun à tous ceux qui constituent les inséparables maillons de léquipe hospitalière et de léquipe opératoire ne doit pas être remis en cause. Datant de 1983 toutes les organisations représentatives demandent cependant louverture dune négociation pour en améliorer les conditions. Mais au-delà de ce statut il est attendu que soient reconnus de façon contractuelle la qualité et la spécificité des actes qui ne peuvent pas être délégués. La crise de la chirurgie impose une mesure immédiate spécifique mais dautres spécialités doivent pouvoir accéder à ces valences contractuelles.
Les plans « urgences », « périnatalité » ou « cancer » qui ont comportés des mesures statutaires spécifiques ont été et sont légitimes et soutenus par tous. La profonde crise des vocations en chirurgie et la fuite des chirurgiens vers le secteur libéral imposent aujourdhui des mesures fortes et coordonnées.
La chirurgie hospitalière est en danger. Pour exiger le respect de lengagement de signature concernant les actions de renouveau pour la chirurgie hospitalière les Chirurgiens des Hôpitaux, les Internes et les Chefs de clinique feront grève et manifesteront à partir du 1er septembre 2004." |